Taupe Teigne deux mille treize

Je repousse cet article depuis des mois (bon, en vrai depuis fin Décembre, mais soit), tant c’est un exercice difficile de devoir faire un top 10 de films (alors que je n’ai pas tout vu) (non je n’ai rien vu, mais l’hôpital je l’ai vu – pardon). Exercice difficile de devoir choisir les films, mais aussi d’argumenter sur ce choix.

alabama

1 – The broken circle breakdown de Felix Van Groeningen : LA CLAQUE de cette année, numéro un sans effort (mais nommé avec Jagten aux Oscars et là, mon cœur balance entre les deux, mais dans Jagten ils ne chantent pas, mais il y a Mads Mikkelsen). Quand je l’ai vu je me plaignais de ne pas avoir eu de moments de cinéma depuis quelques mois, quand le film s’est terminé j’ai feint une grosse envie de pipi pour vider mon stock de larmes aux toilettes, en toute dignité. J’ai revu le film deux fois, et, même si je n’ai pas autant pleuré que le première fois, j’en étais toute chose. 

2 – Frozen de Chris Buck et Jennifer Lee : La dernière décennie Disney a été dure et éprouvante autant pour les studios que pour nous, enfants des années 90, enfants de la Belle et la Bête et de Tarzan. Des grandes envolées musicales, et des princesses en 2D. Alors certes, Frozen est en 3D, n’est pas en animation « traditionnelle » (entre guillemets hein, parce que les ordinateurs faisaient déjà le boulot en 90), mais passons. Dans Frozen, il manque cruellement un VRAI méchant, Elsa ne l’étant définitivement pas et l’autre, je ne dirai rien pour ne pas spoiler (je suis trop bonne). La résolution finale est un peu bâclée et c’est décevant. MAIS, les chansons sont splendides, Elsa est canon (et je veux redevenir blonde), Anna l’héroïne se sauve par elle-même et non pas avec l’aide d’un pseudo grand amour (ah bah zut, j’ai lâché un spoil), le graphisme est sublime et de toute façon je n’argumenterai pas plus, car ce film a détrôné The Little Mermaid et arrive donc en deuxième position dans mon top de films Disney. Je l’ai vu cinq fois au cinéma, mais ça peut changer s’il est toujours programmé après la publication de cet article (ce qui est actuellement le cas).

kohlaas

3 – Michael Kohlaas d’Arnaud des Pallières: Je ne connais pas le cinéma d’Arnaud des Pallières, même aujourd’hui, je ne connais que son court métrage Disneyland, mon vieux pays natal. J’ai hâte de trouver des copies de ses précédents films, tant j’ai aimé la mise en scène de celui-ci. Elle est dépouillée et c’est beau. Les costumes sont tout juste ce qu’il faut qu’ils soient. Les décors naturels sont rudes comme le visage de Kohlaas. Il y a très peu de musique et ça suffit. Certaines scènes sont de véritable chef-d’oeuvre. Avez vous déjà vu une scène d’assaut dans le silence ? Sans musique, sans sang ? Je n’aime pas dire que les acteurs dans ce film font tout le boulot, car le réalisateur ne manque clairement pas d’audace dans sa direction. Mais ici, Mads Mikkelsen nous signe un brillant travail d’interprétation. Je vous conseille également de lire la nouvelle d’Heinrich von Kleist, très enrichissante et émouvante.

4 – La vie d’Adèle d’Abdellatif kechiche : Pauvre film mal desservi par ses actrices ingrates. La promotion a été désastreuse, mais pourtant le film a eu un joli succès en salle. Est-ce pour les huit minutes de sexe (une goutte d’eau sur trois heures de films), je ne sais pas. Pour ma part j’ai vécu ce film, j’ai vécu avec Adèle, j’ai reniflé avec elle, j’étais triste avec elle. Je ne voulais pas la laisser partir, j’aurais aimé que le film dure encore une heure de plus. Mais les meilleures choses ont une faim. Euh une fin, je n’ai pas mangé de spaghetti depuis. Quant aux âmes qui critiquent les scènes d’amour homosexuelles du film, sachez que les scènes d’amour hétérosexuelles dans toutes les autres ne sont pas non plus représentatives. Just sayin’.

5 – Les garçons et Guillaume à table de Guillaume Gallienne : Je n’ai pas vu la pièce de Guillaume Gallienne, je ne savais rien de sa vie et tant mieux. Outre son interprétation, ou ses interprétations, des plus folles, il y a une histoire personnelle des plus émouvantes. Une leçon de vie aussi, une morale également.Le seul reproche que l’on pourrait faire à ce film c’est de ne pas avoir su s’éloigner des sentiers du théâtre, de rappeler constamment que c’est une pièce et de revenir à la scène. Mais je lui pardonne, et j’espère qu’il aura le César de la meilleure interprétation féminine (ou second rôle, c’est Adèle qui l’aura le César).

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6 – 20 ans d’écart de David Moreau : WHAT ? Qu’est-ce que ce film fait dans un top cinéma ? Et justement, je suis allée voir cette comédie française juste parce que j’aimais bien Virginie Efira et qu’elle est belle. Ce film a été une énorme surprise. Belle écriture, dialogues excellents et naturels, comique efficace, ni lourd ni inabouti, ce film est une jolie surprise. Le duo Pierre Niney / Virginie Efira est crédible, les deux font très bien leur job, on y croit !

7 – Django unchained de Quentin Tarantino : Ah bah oui, quand même, le voilà lui. Je n’ai pas besoin d’expliquer pourquoi ? Si ? C’était bien, la musique était top, les acteurs parfaits, je suis amoureuse de Christophe Waltz mais très objective tout de même. Sujet sensible et très bien traité. Quentin on t’aime. Ne t’arrête pas à dix films. Merci. Et casse-lui la gueule à Spike Lee, c’est lui qui a volé ton scénario, ce bâtard !

8 – Cloud Atlas de Lana et Andy Wachowski et Tom Tykwer: En fait, au moment où j’écris cet article, je ne me souviens plus trop de ce film. Je sais juste que je l’ai beaucoup aimé et que j’ai beaucoup réfléchi en sortant de la séance. Je me souviens également que les acteurs étaient très bons. Et que Hugh Grant me manque un peu. C’est un peu fourre-tout. Mais je devrai lire le livre aussi. Ce paragraphe est assez inutile, mais bon.

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9 – Antiviral de Brandon Cronenberg : Brandon n’a pas oublié de regarder les films de papa (je vous conseille de lire le dossier Cronenberg sur Intervista), mais il n’est pas aussi dégoutant que ce dernier (oui, je ne suis pas une âme sensible, mais je ne suis toujours pas prête pour certains films de David). Ce film est donc dérangeant, comme ceux de papa, malsain, comme ceux de papa et efficace, comme ceux de papa. Brandon Cronenberg réussit plutôt bien l’exercice du premier film. J’attends de voir si le deuxième n’aura pas les défauts du premier (car c’est quand même bien long) et se dédouanera de l’héritage paternel. Je crois en toi Brandon, même si tu as un prénom pourri.

10 – La vénus à la fourrure de Roman Polanski : Au début j’étais septique, Emmanuelle Seigner me faisait tellement de peine à jouer aussi mal et … puis j’ai compris. J’ai compris qu’elle jouait le rôle d’une mauvaise comédienne qui venait se venger des hommes. Ce film se rapproche beaucoup de Carnage du même réalisateur. Huis Clos, exacerbation des émotions, petite musique entêtante, montée en puissance. Girl power et tout et tout. Il faut aussi que je lise le livre tiens.

Et puis, je vais mettre en vrac ce que j’ai aussi aimé, mais comme la mode est aux tops 10, je me suis arrêtée là.

Gravity c’était bien, mais bon voilà. Chennai Express c’était génial, mais j’ai dû faire des choix douloureux dans mon top. About Time c’était beau, mais pas autant que Love Actually ou que The boat that rocked. The Bling Ring était cool. Machete Kills aussi. Les Croods c’était sympathique. Passion c’était un peu chiant, mais c’était bien quand même. L’écume des jours c’était beau, mais comme dans le livre ça m’a vite soulé. 9 mois ferme aurait dû figurer dans mon top 10, mais j’ai fait des choix, bis. Blue Jasmine c’était un Woody que j’ai aimé (le prochain je ne l’aimerai pas, j’aime un Woody Allen sur deux, c’est vérifié). Mud parce qu’il faut le mettre, mais sacrée déception.

Et puis au cinéma j’ai revu des chefs-d’oeuvre sur grand écran. Comme E.T et Jurassic Park. Et surtout, surtout La Belle et la Bête de Cocteau et j’en suis très heureuse.

J’ai terminé. Avec des fautes de grammaire et de conjugaison. Bisous.

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