Réflexions sur la cause animale et les cabinets de curiosités (j’avais pas trop d’idée de titre ok ?)

L’autre jour après avoir reçu un commentaire sur instagram me disant, je cite « c’est crade d’avoir un animal encadré », je suis allée visiter le profil de la personne m’ayant laissé ce commentaire et j’ai vu dans la description « végétarienne ». Quelques semaines avant j’ai unfollow une grande figure militante du veganisme en France, après qu’elle est tenue des propos relativement odieux sur une boutique de curiosités, refusant d’entendre les arguments de ceux qui aimaient ça. Par « ça » j’entends l’ostéologie, l’entomologie, et la naturalisation d’animaux, de ce fait décédés.

J’en parle très peu, car j’ai des faiblesses, et je craque trop souvent sur le fromage, et qu’en fait ça ne me définit pas dont on s’en fout, mais j’essaie d’être un maximum vegan à la maison, par vegan j’entends, pas de viande, de crustacés, de produits laitiers (sauf ce putain de fromage, mais j’y arriverai) et limiter au maximum le cuir et la laine. Évidemment je n’ai jamais eu de fourrure, de ce point de vue là, c’est vite réglé. Ce choix-là, s’est imposé naturellement dans ma vie et ne me frustre pas au quotidien (sauf pour le fromage vous l’aurez compris), je suis devenue rapidement végétarienne une fois partie de la maison parentale, car je n’ai jamais aimé la viande et je n’ai jamais compris pourquoi on mangeait des animaux. Pour les poissons et les crustacés, ce fut une autre histoire, bien vite réglé à coup d’antispécisme et de prise de conscience de ma propre hypocrisie (mais pourquoi le fromage ça ne marche pas ?). Pour le cuir et la laine, c’est encore difficile au quotidien, surtout pour les petits budgets, mais je ne suis pas une grande consommatrice de vêtement, ça compense. Cela étant dit, il est important que je précise que je suis d’une tolérance incroyablement normale, je veux dire par là que je considère que chacun gère sa conscience comme il le souhaite. Si Joris souhaite manger de la viande, par exemple, il se la cuisine et se la mange. J’ai très peu d’amis végéta*iens et ce n’est pas grave. Je suis loin d’être une militante activiste, pour la simple raison que tous les militants activistes sont trop en colère pour être justes et desservent totalement la cause. Il m’est arrivé après m’être faite odieusement réprimandée par un de ceux-là, après l’adoption de mon poisson, d’avoir eu envie de manger de la viande juste pour le faire chier. Oui, oui, moi … Enfin bref, cette longue introduction est un peu nécessaire, pour vous expliquer ma position vis-à-vis des collections d’animaux naturalisés, de l’entomologie et de l’ostéologie.

Les années 90, Angie et les chèvres

En bref, pourquoi je suis vegeta*ienne tout en possédant un petit cabinet de curiosités ? N’est-ce pas TOTALEMENT contradictoire ?

Cette question je me la suis longtemps posée, d’où le fait que j’ai démarré ma collection tardivement, en plus d’avoir peur de paraître bizarre, je culpabilisais beaucoup. Mais mon amour pour l’histoire naturelle et quelques renseignements l’a emporté. Car il faut savoir que les animaux naturalisés, ou présentés en montage ostéologique n’ont pas été tués, pour la plupart, pour le plaisir du collectionneur. Aujourd’hui il existe la convention de Washington qui, bien qu’elle ne soit pas toujours respectée par les braconeurs, protège les animaux, du moins ceux en voie de disparition. Mais également la protection française et européenne. En ce qui nous concerne, comme nous ne sommes pas fans d’animaux empaillés, mais surtout friands de montages ostéologiques, nous avons trouvé beaucoup de nos spécimens dans la nature, souvent, de ce fait, nettoyés naturellement … Il suffit d’ouvrir l’oeil. Je vous invite à lire la fac de la fille renne, qui explique tout ça de manière assez exhaustive. En ce qui concerne la naturalisation, j’aimerais beaucoup avoir des oiseaux, mais les conditions de mort de ces animaux étant en général plutôt floues, je privilégie les brocantes, afin de ne pas encourager un éventuel marché, sauf lorsqu’il est bien spécifié que l’animal est décédé de causes naturelles, comme ma chauve-souris, source du commentaire qui déclenche ce long article.

D’accord, mais l’entomologie alors ? 

L’entomologie c’est l’étude des insectes, dont les papillons. Et malheureusement après quelques recherches approfondies, le résultat est toujours le même : Les insectes sont tués pour être étudiés ou encadrés. J’ai même découvert sur Instagram des commerces de papillons élevés sous serre pour finir en objet de décoration, et oui ça me révolte. Et comme je suis une personne contradictoire, j’ai des papillons naturalisés. MAIS, parce qu’il y a un « mais » très important, je n’achète qu’en brocante. C’est-à-dire que si je me rends chez Deyrolle, un jour, quand je serai riche et oscarisé, je m’offrirai un énième oiseau naturalisé (car il me semble que les animaux chez Deyrolle sont tous morts de causes naturelles), mais pas d’insectes. Pour ne pas encourager ce marché, je n’achète mes papillons que sur les brocantes et sur le marché de l’occasion. C’est peut-être inutile et contradictoire, mais je mange du fromage alors bon.

Ok, mais ça t’apporte quoi d’avoir des squelettes chez toi alors qu’il y a des livres et internet ? 

Et bien je vais être honnête, ça m’apporte beaucoup. J’ai beaucoup plus appris ces dernières années sur mon corps, sur le corps humain, sur les corps animaux, sur la nature, en me perdant régulièrement dans la galerie d’anatomie comparée, entre autre. J’ai appris plus facilement en observant de véritables montages ostéologiques qu’en écoutant mes différents profs de SVT, et ce n’est pas seulement parce que j’ai grandi. J’ai toujours été passionnée par les vanités, la mort, le gothique romantique et je n’ai jamais eu de mal à assumer ma passion pour les cimetières (monstre de contradiction je vous ai dit) et je m’émerveille chaque fois que je passe devant le meuble ou est exposée ma petite collection. J’espère ne jamais cesser de chérir ces squelettes d’animaux, ne jamais cesser d’admirer ces merveilles que la nature a faites. Vous ne trouvez pas ça fantastique le fait que nous existions ? Que nous ayons un squelette, des muscles, du gras et des intestins. L’autre jour au Hunterian Museum, j’ai pu observer un utérus dans du formol, un foetus humain encore dans sa poche des eaux. Voir ça en vrai et beaucoup plus enrichissant que de le voir sur du papier. Quand le fils d’une amie, de trois ans, est venu chez moi l’autre jour, j’ai descendu du meuble un montage ostéologique d’oiseau, pour aider sa mère à lui expliquer la fonction du squelette, je ne dirai pas que je suis certaine à 100% qu’il ai tout compris, mais sa tête émerveillée et la manière dont il l’a observé, aurait pu achever de me convaincre de l’utilité pédagogique (aussi bien pour les adultes, que les enfants, j’insiste) de cette collection, si je n’en étais pas déjà complètement convaincue. Donc non, pour répondre au commentaire sur Instagram, je ne trouve pas ça « crade » d’avoir un animal encadré chez moi, au contraire, je suis heureuse de lui offrir cette « seconde vie » où je peut admirer ce miracle naturel.

Pourquoi des animaux et pas des humains alors ?

Et bien tout simplement parce que je n’ai pas encore suffisamment de ressources financières pour m’offrir des ossements humains, ou des bouts d’humains dans des bocaux, de manière légale. Parce qu’illégalement c’est beaucoup moins cher et ça se trouve beaucoup plus facilement. Cependant, tout comme je fais en sorte de respecter les animaux de ma collection, il en va de même pour les humains. Et j’espère sincèrement avoir un squelette et des organes plus tard, quand je serai riche et oscarisé.

Résume l’article steuplé, je suis pressée : 

En bref du bref, on peut être végétacequetuveux et posséder des animaux morts chez soi. Car le point commun entre un cabinet de curiosités et un engagement pour la cause animale est qu’il faut être profondément amoureux et respectueux de la nature. Il n’existe pas qu’une sorte de militantisme, il n’y a pas qu’une seule manière de s’engager pour les animaux, et je pense même qu’il est possible de manger de la viande et de se sentir concerné par la cause animale. Il faut être tolérants, les choses bougent doucement, mais sûrement et ce n’est pas en braquant les autres qu’on fera avancer les choses plus vite.

J’en profite pour rajouter que dans notre collection, il y a aussi un herbier, que je me fabrique au fur et à mesure des années et une sacrée collection de minéraux, parce que ça fait également parti de ce qui m’émerveille dans la vie, vous savez, les pierres qui brillent tout ça !

Alors peace les copains ! Et on change le monde à son rythme 🙂

6 commentaires sur “Réflexions sur la cause animale et les cabinets de curiosités (j’avais pas trop d’idée de titre ok ?)

  1. Super article ! Je ne m’y connais pas vraiment en osteologie et consort mais j’avoue que ça ne me dérange pas je ne vois pas le problème dès lors effectivement qu’il s’agit d’animaux morts de mort naturelle.
    Pour le fromage tu devrais essayer de faire des fromages véganes c’est de la folie il y a plein de recettes sur internet, tout est à découvrir et en Europe vous avez le site Cashewbert Roooh.
    La caséine c’est comme une drogue normal que ça soit si dur d’arrêter (mais après c’est chouette de pouvoir regarder les vaches sans culpabilité :D)

    1. C’est mon objectif de me fabriquer des fromages vegan, je n’ai juste pas du tout le temps en ce moment, mais vraiment pas malheureusement.
      Par contre, tu vois, je ne savais pas pour la caséine ! C’est fou !! Merci !

  2. Ton article est très intéressant, et tu m’as, plusieurs fois, bien fait rire. Je trouve ça aberrant les vegan militants qui agresse dès qu’ils ne sont pas d’accord. Je trouve ta passion très chouette, et je la comprends vraiment, je trouve même passionnant de pouvoir redécouvrir un animal (ou l’être humain) de cette façon. Chez mes parents, nous avons un tout petit musée avec plein d’animaux empaillés ou dans des bocaux. Et même si je trouvais ça triste, il fut un temps où je pensais qu’ils étaient morts juste pour qu’on puisse les figer, j’ai par la suite compris que c’était faux et qu’il fallait vraiment aimer les animaux pour faire ce genre de chose, enfin je me comprends.
    C’est en revanche dommage pour les papillons, mais je ne suis pas surprise… Mais du moment que tout ce que tu possèdes sont des animaux morts naturellement à qui tu offres un seconde vie, moi je te dis : go girl ! Et je veux voir ton herbier et tes petits pierres précieuses.

    1. Merci pour ton commentaire (et merci de remarquer que j’ai un sens de l’humour irrésistible, on en parle que trop peu). Tu as de chouettes parents sache le ! Et oui c’est dommage pour les vegan un peu extrémistes. Je suis certaine qu’avec beaucoup de calme et de pédagogie, les messages passent mieux. Cela dit je suis un peu hypocrite car parfois mon féminisme militant n’est pas très calme ni pédagogue !

      Et ok pour l’herbier et les pierres, on attendra juste octobre et la fin de la saison des brocantes !

  3. J’aime beaucoup cette notion de pédagogie et d’apprentissage que tu soulignes concernant les corps animaux ou humains. Après tout, les musées d’histoire naturelle ne désemplissent pas et ont un but pédagogique, alors pourquoi pas chez soi aussi ?

    1. Je suis sincèrement heureuse des avis positifs que cet article engendre, c’est super ! J’avais vraiment peur qu’on me tombe dessus ah ah ! Merci de ton commentaire en tout cas <3

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