Opium d’Arielle Dombasle

Opium c’est le film commis par Arielle Dombasle à l’occasion du cinquantenaire de la mort de l’homme que j’aime le plus au monde – et je ne parle pas de mon lapin, puisque c’est un lapin et qu’en plus il est castré – le poète Jean Cocteau. Le Père-Noël Joris m’a offert le DVD de ce film qui n’était sorti que dans quatre salles et je comprends aisément pourquoi. Je vous jure sur la tête de ma collection La Belle et la Bête, que je vais faire preuve de toute l’objectivité du monde même si ce film est daubsesque.

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La belle est la Bête

L’histoire d’Opium c’est celle, supposée, de l’amour entre Jean Cocteau et le jeune Raymond Radiguet, soucieux d’avoir l’avis de celui qu’il considère comme un maître à propos de son roman, qui n’avait pas encore trouvé d’éditeur, le très prometteur Le diable au corps. Cette histoire d’amour est ponctuée de prise d’opium, d’échecs publics (notamment avec Les mariés de la Tour Eiffel), d’adultères et de snobisme bien puant et bien parisien. Saupoudrés des textes de Cocteau dont je vous reparlerai plus bas parce que comme je vais grave râler dessus ça mérite un paragraphe à lui tout seul.

Parlons tout de suite des points forts, ou bonnes idées, de ce film, parce que, oui, il y en a. Vous voyez que je ne suis pas malhonnête ! Le casting du jeune Raymond Radiguet, interprété par Samuel Mercer subtil mélange gracile des jeunes Denis Lavant et Guillaume Depardieu, ayant l’air de sortir tout droit d’un film de Leos Carax – et vous ne pouvez pas savoir à quel point je kiffe d’amour Leos Carax – il joue assez bien cette peste de Raymond enivré par la célébrité et les filles. Dans son genre Grégoire Colin n’est pas trop mal non plus en Cocteau même si le physique et la voix n’y sont pas – on dirait plutôt Alain Bashung – mais on s’en fout c’est même pas un biopic d’abord. Philippe Katerine dans le rôle de l’homme le plus fort du monde est trop cool et sa compagne Julie Depardieu, jouant deux rôles dans le film, est trop mignonne comme d’habitude.

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Le reste du casting est, quant à lui, imbuvable. Mauvaise pièce de théâtre jouée par des lycéens qui ne s’écoutent pas et balancent leurs répliques en les ponctuant de quelques pouffements de rires faussement bourgeois. Sans parler d’Arielle Dombasle, rayonnante d’extravagance, qui s’offre le rôle lyrique de la déesse Mnémosyne – dont le nom est typiquement utilisé en guise de titre dans les courts-métrages de fac d’arts – la meuf qui aurait inventé le langage selon Wikipédia, et j’ose croire que c’est pour ça qu’elle porte ce nom dans le film. A tord puisque le langage c’est donc le poème.

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Et c’est là que je suis purement et simplement révoltée ! Si l’idée des poèmes de Cocteau transformés en répliques et chansons était peut-être bonne – parce que la musique est franchement nulle et trop arty pour moi – le travail du son sur le reste est inexistant. Mal ou pas du tout mixé, le texte est rendu totalement inaudible, couvert par les bruits d’ambiance. Et ça Arielle, j’aurai pu tout te pardonner, mais ça, c’est hors de question.

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Quant au travail de l’image et de la photographie de ce film ils sont ici aussi inexistants – ce qui est plutôt con quand on sait que Cocteau aimait travailler la lumière de son film – les décors bricolés sont moches et quasiment pires que ceux qu’on se faisait pour nos courts-métrages de baccalauréat audiovisuel – enfin je parle pour les autres, le nôtre était si cool – utilisée à outrance, la symbolique coctalienne perd de son charme et rappelle les derniers et mauvais Burton où le réalisateur se singeait à coup de références-de-ce-qui-marchait-dans-les-précédents-films. Travail d’amateur jusqu’au bout puisqu’on laisse trainer la perche dans le plan.

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Et je peux même pas revendre le DVD au prix d’achat parce que – outre le fait que c’est un cadeau – mon lapin en a grignoté la boîte et comme il a fait ça aussi sur le coffret de la dernière saison de Kaamelott j’en conclus qu’il ne fait ses dents que sur des trucs nuls et je ne voudrais pas blesser les yeux et le cœur d’une autre personne. Et c’est moche de faire ça.

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