Love letter to the X-Files

La première fois que j’ai eu le droit de veiller devant la télévision, c’était grâce à la fameuse trilogie du samedi. De 20H50 à 22H je restais sagement assise sur ce vieux fauteuil moche et marron devant les aventures des trois sœurs Halliwell pour la série Charmed. Après, à contrecœur, je devais aller me coucher alors que la suite de la trilogie m’alléchait tout autant. Mon sommeil éternellement léger était hebdomadairement troublé par les notes synthétiques et angoissantes du générique de X-Files, « Aux frontières du réel » en VF, ces notes qui montaient la cage d’escalier, glissante marche par marche pour s’infiltrer sous la fente de ma porte, telle cette huile noire colonisatrice virus phare de cette série a qui j’adresse aujourd’hui quelque mots d’amour.

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Cher X-Files, vous le savez peut-être, mais si je dois une chose à mon père, hormis mon mauvais caractère et la forme de mon visage, c’est ma cinéphilie de ce qu’on appellera « le genre ». J’ai grandi devant l’intégralité des Spielberg, des Star Wars, de Dune et autres films comportants Aliens, Monstres et créatures diaboliques. Mon goût du frisson exacerbé par la lecture frénétique des Chair de poule, eurent raison de l’interdiction parentale qui fut partiellement levée pour pouvoir vous découvrir, vous les X-Files, en quelques épisodes préalablement choisis avec soin, et quels épisodes ! Mes premiers rendez-vous officiels avec vous eurent donc lieu le dimanche matin au petit déjeuner devant ces quelques Monsters of the week, ces épisodes qui ne s’inscrivent pas la mythologie de la série, ces épisodes délicieux à souhait qui sont parfois, souvent même, des clins d’œil à la littérature ou au cinéma, Frankenstein dans « Le Prométhée post-moderne » (The Post-Modern Prometheus, 5X5), The Thing de Carpenter dans le culte « projet artique» (Ice, 1X8) ou encore Alice au pays des merveilles dans « Coeur de tissus » (Paper hearts, 4X10) la série vient même à se parodier elle même dans le très drôle « Le seigneur du magma » (Jose Chung’s From Outer Space, 3X20). Stephen King coécrit même le scénario de l’épisode « La poupée » (Chinga, 5X10) et j’en passe beaucoup … Entre des bébés à queue de singe issu d’un amour incroyable entre une jeune fille et Luke Skywalker (La Queue du diable (Small Potatoes), 4X20), des vampires, el chupacabra… mon amour des monstres fut comblé. Souvenez-vous, cher X-Files, que j’ai tout de même du faire appel à mes talents de comédienne pour cacher mon effroi devant cet incroyable Tooms (Compressions (Squeeze) 1X03 et Le retour de Tooms (Tooms) 1X21) . Dois je vous avouer qu’à 26 ans je pense toujours à lui quand j’emprunte un escalator, c’est-à-dire tous les jours ? La limite du frisson fut toutefois franchie avec cette douve de foie humaine (L’hôte (The host) 2X02), dont mon père avait amoureusement accroché une carte postale de mauvais goût à son effigie dans l’entrée de la maison (et à bien y réfléchir c’est ce qui me donnera certainement le goût douteux de ma décoration d’entrée, faîtes moi pensez de lui demander la carte en guise de cadeau d’anniversaire!). C’est donc bien tardivement que j’ai découvert votre mythologie paranoïaque ainsi que l’horrible épisode de La Meute (Home, 4X02) certainement le pire des Monsters of the week. Cette série à considérablement influencé ma culture et la pop culture en général – cette série en prime time aux USA à considérablement influencé le cinéma de genre et la surenchère de gore des années 2000 notamment.

Dois je rappeler en deux phrases ce qu’est votre mythologie, Ô chers X-Files ? Elle est très simple :
– Les extra-terrestres sont parmi nous depuis la nuit des temps et coloniseront la Terre et les humains pour 2012.
– Le gouvernement est au courant depuis Roswell et nous ment.

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Je dois vous avouer que je suis une très mauvaise passionnée, votre mythologie ne m’intéresse que très peu finalement. Ce que je préfère chez vous, outre les Monster of the week, c’est Mulder et Scully qui sont des personnages de fictions aussi importants qu’Harry Potter et Scarlett O’hara dans ma vie. Ce couple de collègues, d’amis, d’amant qui deviennent même brièvement parents d’un bébé alien que porte Scully – mais je ne vous en dirai pas plus- qui traversent les miroirs pendant 8 saisons, à la recherche des mensonges qui disent la vérité et de vérité mensongère. L’humour d’un Mulder, un brin macho, obsédé par les petits hommes verts et la septicité déconcertante d’une Scully un brin féministe – qu’on ne peut s’empêcher de comparer à la Clarisse Starling du Silence des agneaux – croyante catholique, s’accorde à merveille durant plusieurs saisons. Au fil de ma vie, ces deux-là sont devenus des amis pour qui j’éprouve une tendresse particulière à chaque fois que je mets un épisode au hasard, ces amis que je perds constamment de vue et qui me retrouvent sans cesse dans mes interrogations quotidienne à l’heure où le fanatisme religieux prend le pouvoir par exemple quand le fanatisme en tout genre est la clef de voute des X-Files. Ces amis qui sont douteux parfois, classant le végétarisme dans la catégorie des sectes, où les communautés immigrantes cachent des pouvoirs paranormaux, etc, mais à qui on pardonne tout de suite ces petites digressions parce qu’ils doivent combattre l’homme à la cigarette et le mignon petit Alex Krychek, qu’on aime tant détester.

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Je vais terminer ici cette petite lettre d’amour pour vous chers dossiers non classés, chères affaires non résolues. Je conclurai seulement en m’adressant à Fox et Dana, les gars vous m’avez un peu déçu avec votre petit film en 2008, mais je ne sais pas pourquoi c’est en ce come-back inespéré qu’« I want to believe » et j’ai hâte de vous retrouver.

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