Journal de festival #1

Je ne sais pas si publierai les lignes que je suis en train d’écrire là, sur le parquet de ma chambre pendant que Joris ronfle avec le chat sur les jambes et qu’un copain squatte sur le canapé du salon, pour vivre le festival avec nous. A l’époque ou j’avais encore le temps de lire la revue Positif, et ça me manque un peu, l’une de mes sections préférée était tout à la fin et s’appelait Journal de Festival. Qu’on se le dise, vivre un Festival c’est vivre une semaine hors du temps et de la routine quotidienne. Tout est perturbé par la course aux films, à courir et déraper en vélo pour ne pas être en retard à la séance qui est dans un autre cinéma que dans celui dans lequel on est, c’est de ne pas manger, c’est dormir au dernier film, toujours, et dans mon cas, quoique je fasse et quoique je prenne comme médicaments, avoir le douloureux syndrome des jambes impatientes, au dernier film, toujours. Qu’il soit à 20H30 ou 22H, comme quoi, ce syndrome il est vraiment dans la tête.

Je ne sais pas non plus si je publierai ce journal au jour le jour mais l’important, c’est la trace qu’on en garde à l’intérieur de soi non ?

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Jour 1 : Samedi 12 Novembre. 
Oui pas de Jour 0 pour nous, l’année dernière nous avions également loupé la cérémonie d’ouverture parce que nous avions eu la bonne idée d’aller à un concert à Paris (le 13 Novembre oui, oui, ce n’était pas la joie en sortant de l’Olympia), donc nous ne savions pas qu’il fallait réserver l’année dernière et cette année aussi. Apparemment tout le monde rentrait, mais les blasés que nous sommes ont préféré aller voir La grande aventure de Max et Léon, bah c’était pas très bien en plus, même si y’avait Simon Astier, dix secondes. J’aurai franchement préféré voir Freaks de Tod Browning.

Donc en ce samedi froid, glacial, polaire même, de Novembre, nous avons décidé d’arrêter de courir, et de crécher au même endroit toute la journée. Notre choix, ou plutôt celui de Joris car j’irai voir ce que je veux dans la semaine, s’est porté sur la programmation de la Maison de la Culture et de son Petit Théâtre. On commence la journée avec Pluie Noire, de Shōhei Imamura (1989), histoire de bien nous mettre le moral à zéro. Faute avouée à demi pardonnée, me semble-t-il, je n’y connais rien en cinéma japonais. De Hiroshima je n’ai du voir que le film d’Alain Resnais de 1959, et tellement de fois pour l’option CAV du bac que depuis 8 ans que j’ai obtenu ce dernier je n’ai pas revu ce film, dont je connais encore les répliques que j’utilise dans la vie courante (un jour je vous raconterai comment parfois je parle en utilisant les mots des personnages que j’ai joués et comment personne ne capte rien). Revenons à Pluie noire, j’ai été happée par ce film de 1989, sobre, mais avec quelques scènes d’une grâce incroyable, qui m’a évidemment foutu le bourdon pour le repas du midi à râler sur les Américains, la bombe et « pourquoi on embête les civils Joris ? C’est les militaires qui font la guerre, c’est pas juste ! « . Plus tard, c’est lui qui fera l’éducation pas marrante des enfants, moi je leur apprendrai Woodstock et les Beatles.

Retour au cinéma après une courte pause repas avec Le parc de Damien Manivel , je n’avais pas vu son précédent film, Un jeune poète, dont le titre m’a toujours attiré parce que ça fait penser à Cocteau et que vous le savez bien, j’aime beaucoup trop Cocteau. Je suis refroidie comme jamais avec Le parc, une succession de plans fixes, avec une image dégueulasse et des acteurs ennuyeux et pas très bons. J’assume pleinement d’aller voir un film pour l’esthétisme, une belle photographie (le premier métier que je voulais faire, dans le cinéma c’était directrice photo, mais j’étais sur liste d’attente au BTS parce que j’ai fait un bac L, regardez ou j’en suis maintenant !) et là c’était vraiment très moche, terriblement amateur. Et un peu prétentieux par-dessus le marché !

S’en est suivi, pour remonter tout ça, le très bon Les amants de Louis Malle, 1958, que je n’avais jamais vu. En fait, je connais très mal Louis Malle et je compte bien profiter du Festival et de cette rétrospective, pour rattraper cette lacune, c’est à ça que sert un Festival en ce qui me concerne. Puis un nouveau film en compétition, Nelly de Anne Émond, dont je n’ai pas vu le précédent film, qui s’inspire de la vie de la romancière québécoise, Nelly Arcan / Isabelle Fortier. Et ce film m’a subjuguée ! J’ai été impressionnée par le talent de l’actrice principale et touchée par la douleur de vivre de la romancière. Romancière dont j’ignorais l’existence et dont je ne suis pas loin d’acheter l’Intégrale sur la Fnac, genre, maintenant.

On enchaine avec une soirée Bill Plymton dont je ne suis pas une grande fan, mais comme je suis curieuse j’avais quand même envie de voir le dernier film La vengeresse, bon bah je l’ai vu et je peux garantir ne pas être fan du monsieur, mais que voulez-vous, j’ai grandi avec l’esthétisme Disneyien c’est comme ça. On termine la journée avec Godzilla de Ishiro Honda, 1954, qu’on connait tous, au moins de nom et c’est un plaisir de le voir sur grand écran, même si j’ai peu dormi, parce que c’est comme ça que ça marche un festival pour moi, je dors toujours au dernier film.

3 commentaires sur “Journal de festival #1

  1. Pluie noire je l’avais vu je l’avais trouvé vraiment très bien. J’adore le japon, la culture japonais, cette façon si particulière qu’ils ont de traiter les choses, cette politesse, retenue… même si les nouvelles générations tendent à changer, j’ai quand même cette fascination pour les habitants de cette île si particulière et leur culture…
    C’est vrai que les festivals de cinéma ça doit être quelque chose! Je n’ai fait que des festivals de court-métrages et j’adorais cela.
    En tous cas ça y est, j’ai vu le nouveau design sur « grand écran », et c’est vrai qu’il est vraiment super! Je suis contente pour toi, j’ai aussi fait « peau neuve » il y a peu et cela fait un bien fou, de rénover les maisons de nos esprits sur papier html 😉

    1. Oh ma biche, je n’ai pas eu le temps d’aller sur ton blog ces dernières semaines et je n’ai même pas vu ton nouveau design ! Je suis une mauvaise copine !
      J’aime beaucoup faire des stages de théâtre contemporain japonais, j’y apprends plein de choses sur le jeu d’acteur et ça me passionne. Mais je n’ai pas la culture, je n’y connais pas grand chose et j’en profite pour essayer d’apprendre pendant le festival ! Je le vis pas intensément cette année parce que je cours partout …

      1. Tu n’as pas à t’excuser, tu peux y aller (ou pas) quand bon te chantes :’D
        Pour la culture, tu peux lire quelques livres de Haruki Murakami, je trouves qu’il est maître dans l’art de dépeindre le si spécial esprit japonais. (même si je n’y suis jamais allée, tout cela reste dans le cadre de l’imaginaire)
        des bisous!

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