J’arrache ce conte au néant par surprise

1 ere partie.
« J’habite un autre monde, monde où les lieux et le temps m’appartiennent. J’y habite sans journaux, sans lettres, sans dépêches, sans téléphone, sans le moindre contact avec le dehors. »
Le journal regorge surtout d’anecdotes « heureuses » et pleines de malice. Notamment celle, la bien connue, de Marais déjeunant ses compotes, maquillé en bête, devant les yeux ébahis des petites filles vivants à Raray. Anecdotes racontées également dans l’autobiographie de Marais.

« Le hasard m’a valu de véritables trouvailles d’écriture qui poseraient des problèmes insolubles si l’on s’avisait de les préméditer. »
La magie de La Belle et la Bête trouve certainement sa source dans les inventions de dernières minutes et les « trucs »que Cocteau et ses complices improvisaient sur le tournage.
Cocteau est un tricheur, qu’on se le dise. Il commet des fautes de raccords et de mise en scène qui le réveillent la nuit. Mais qu’à cela ne tienne, il ne les rapporte pas, de peur qu’on le suspecte d’être un mauvais metteur en scène. Lui même estime qu’il n’est pas un bon metteur en scène, mais décide de faire semblant. Pour pallier à ses fautes, le poète invente des trucs, rajoute des plans, des répliques et s’énerve par « calcul, pour entretenir une fièvre générale ». Il estime, par ailleurs, que « les numéros supplémentaires, les trouvailles de dernière minute, nourrissent un film et rendent son montage beaucoup plus riche ». Mais le poète avoue ne pas attacher d’importance aux raccords au grand désarroi de sa script-girl, Lucienne.

 

 

Le poète ne veut pas exagérer le pittoresque de son film, estimant que « les costumes suffisent », c’est pour cela que nous pouvons apprécier la modernité des accessoires présents. Ce qui donne une nature encore plus féerique au film. Comment un conte de fées peut arriver dans une maison de campagne qui semble exister dans les années quarante, mais habitée par des poules endimanchées pour impressionner la cour ?
Cocteau trouve « dommage que la France ne puisse pas encore se payer le luxe d’un film en couleur ». Et l’autrice de cet article, très mal écrit, estime que ce n’est pas du tout du tout dommage. Je pense, et c’est une opinion très personnelle, que la beauté et la magie de ce film, existent encore plus grâce au noir et blanc et au travail de la photographie d’Alekan. Par ailleurs, Alekan et Cocteau se disputaient régulièrement sur le tournage, le réalisateur trouvant le travail du directeur de la photographie trop beau, alors qu’il voulait une lumière « dure ». Lors de la première projection des prises réalisées, Cocteau est heureux, il écrit dans son journal « Alekan a compris mon style. Relief, contour, contrastes et quelque chose d’impondérable. Comme un vent léger qui circule ».

 

Citation de la fin « Plus nous enlaidissons avec l’âge, plus notre œuvre doit embellir et nous refléter comme un enfant qui nous ressemble ». C’est pour ça que plus je prends de l’âge, plus je vais à Disneyland. (Comment ça « Aucun rapport, Angie »?)

 

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