Un instant de grâce de Clémence Boulouque

Nombreuses biographies sur Audrey Hepburn ont été écrites au cours de sa prolifique carrière et après sa disparition. Plus de 20 ans depuis sa mort, la comédienne multirécompensée continue de fasciner et d’être admirée. Véritable icône, l’actrice déclinée à outrance en produit dérivé traverse les générations restant le modèle incontournable à suivre pour toutes les Blair Waldorf qui peuvent sommeiller en nous.

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Je n’ai pas lu beaucoup de biographies sur Audrey Hepburn, je connaissais l’essentiel c’est-à-dire, sa vocation ratée de danseuse classique, ses actes de résistance durant la Seconde Guerre mondiale, son engagement pour l’Unicef et surtout l’abandon de son père, aux idéaux nazis, à l’aube de la guerre lorsqu’elle n’était qu’une toute petite fille. Il va de soi que l’abandon paternel a créé un gouffre dans le coeur de cette enfant qui changeait sans cesse de pays, de noms et de langue pour échapper à la guerre. Sans repères elle s’est réfugiée dans la danse, cette passion qui lui causera elle aussi du chagrin et achèvera le peu de confiance en elle qui pouvait lui rester.

Trente ans après son abandon, Audrey Hepburn est devenue la grande star hollywoodienne que l’on connait. Elle a tout pour être heureuse outre sa carrière formidable elle s’est mariée et est devenue maman d’un petit garçon. Pourtant elle est rongée, tel le poète sous opium, par une grande difficulté d’être qui ne s’arrange pas, par ce sentiment d’être un mensonge vivant, dont les yeux parfois crient leurs vérités. Afin de l’aider à reprendre confiance en elle, Mel Ferrer, son époux de l’époque, organise de brèves retrouvailles dans le restaurant d’un hôtel de luxe dublinois, entre le père et la fille.

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C’est sur brève instant de grâce que s’attarde l’auteure Clémence Boulouque romançant cet entretien avec une jolie plume, se nourrissant des rôles de la comédienne pour lui construire des pensées, ses failles, son besoin de reconnaissance et d’amour. Le romance commence par de brèves phrases, phrases qui s’allongeront au fur et à mesure de la lecture, la femme derrière la comédienne est brièvement mise à nue par un père qui ne s’intéresse finalement que peu à cette enfant abandonnée qui ne trouvera le salut que dans le pardon et sans plus aucune peine, continuera sa vie comme elle l’a commencée, sans son père.

Vous trouverez pas mal d’extraits sur Babelio (visiblement Michfred a décidé de recopier l’intégralité de l’ouvrage) pour vous rendre compte de l’agréable et aérien style de l’auteure. Ce court roman se lit très rapidement (genre c’est parfait dans le bus quand on doit aller voir une pièce de théâtre à l’autre bout de la ville) et donne envie de se plonger de nouveau dans la filmographie de Miss Hepburn, une tasse de thé fumant à la main.

Le livre est édité chez Flammarion.

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