Une histoire de livres

Je me souviendrai toujours de la première fois où ma mère m’a dit, un peu énervée « Si tu ne veux pas faire une sieste fais quelque chose d’utile, lis au moins ». Lire ? Quelle drôle d’idée. Je lisais pour sûr, les contes de Noël à mes petits frères, les histoires de Ratus, en changeant de voix pour les personnages sinon c’est moins marrant, et les génériques. Mais lire … Le début de la fin. Du coup j’en ai laissé tomber mes canevas « Minnie Mouse » que je n’ai jamais terminés, les dessins et la construction de la plus grande tour de Lego du monde (non je rigole pour la construction, j’ai continué, mais on n’avait pas assez de Légo pour battre le record). Malheureusement, après avoir trop de livres au lycée j’ai fait une jolie overdose (non, mais sérieusement, FUCK YOU Marguerite Duras et autre Candide). Puis, au bout de trois ans de fac j’ai recommencé à dévorer les livres.

Voilà, c’était mon introduction pour vous écrire un article sur les dix livres qui ont marqué ma vie. Ce n’est pas original, les livres ne changeront certainement pas de ceux des autres listes, mais soit.

1. Les malheurs de Sophie de la comtesse de Ségur. C’est le livre que ma mère m’a tendu le jour où je n’ai pas voulu faire de sieste, et, littéralement, celui qui a changé ma vie. Celui que j’ai dévoré en une petite après-midi. Celui où j’ai pleurniché pour qu’on m’achète la suite sur France-Loisirs. Puis la série est passé sur France 3 les mercredis, je relisais les livres en même temps, un vrai plaisir. D’ailleurs il serait temps que je les relise eux !

EDIT : Et j’ai eu le malheur d’oublier le Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi de Mathias Malzieu alors que ce livre a changé ma vie (un peu)(pas autant que Les Malheurs de Sophie, mais bon). Pardon Mathias si un jour tu passes par ici ! Ton livre est number one ex-aequo !

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2. Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell. Encore un coup de ma mère, un soir, qui m’a donné le DVD acheté chez le marchand de journaux en me disant « Je suis certaine qu’il va te plaire, regarde ! ». Ça n’a pas loupé. Quelques mois plus tard, j’achetais les livres et les dévorais, encore et encore. Scarlett est une des mes plus grandes héroïnes, que j’admire bien qu’elle n’ai pratiquement que des défauts. Une femme forte, courageuse. Féministe avant l’heure peut-être ? Je ne me lasserai jamais des descriptions du sud et de ses habitants même si le racisme de l’auteure est alarmant. Et Rhett Butler, bah Rhett Butler voilà quoi.

3. La difficulté d’être de Jean Cocteau. Ça allait vous étonner si je ne parlais pas de Jean-mon idole-Cocteau. La difficulté d’être n’est pas un livre qui a changé ma vie. L’oeuvre entière du poète oui. Ce livre n’est peut être même pas mon préféré après tout, mais la plume de Cocteau me hante parfois quand je le relis. Ces anecdotes quotidiennes, des réflexions jetées là au hasard sur du papier. Si l’on devait découvrir l’auteur – en prose, les vers c’est encore autre chose – c’est probablement ce livre que je conseillerai.

La difficulté d'être Harry Potter

4. Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban de JK Rowling. En fait, honnêtement, Harry Potter a changé ma vie, comme celles de pratiquement toute ma génération. J’ai choisi de mettre le troisième tome car c’est mon préféré. Je suis en pleine relecture en ce moment et j’avais oublié tellement de choses, c’est fou ! J’ai grandi avec Harry Potter, j’ai eu quasiment le même âge que lui en même temps. C’était aussi la conscience du fait que je grandissais. J’ai commencé à lire les bouquins à mon petit frère avant qu’il ne puisse lui même les lire (Bam ! Coup de vieux), j’ai terminé le septième tome en me disant qu’il n’y aurait plus jamais d’attente (Bam ! Coup de vieux), puis j’ai versé toutes les larmes de mon corps devant le dernier film sorti pendant ma première année de fac’(Bam ! Coup de vieux). J’ai mis du temps à réaliser que le petit bonhomme avec lequel j’avais grandi avait fini par vaincre vous-savez-qui et avait nommé ses enfants avec des prénoms pourris. Et JK, si tu me lis (lol), on s’en fout que Ron et Hermione soit un couple qui ne fonctionnerait pas dans la vraie vie, t’en connais des sorciers toi ? Chut maintenant !

5. La vie devant soi de Romain Gary. Là c’est une bonne découverte des années lycée par contre. Le style de Romain Gary (où Emile Ajar comme tu veux) est poignant, incisif, il connait les mots, les manipules soigneusement. Même dans cet ouvrage qui est écrit en « parlé enfantin », un peu comme Zazie dans le métro de Raymond Queneau mais en moins drôle, en plus vrai. En beaucoup plus vrai. J’ai eu beaucoup de tendresse pour le petit Momo aimant sa Madame Rosa qui autrefois se défendait avec son cul.

livres

6. Le portrait de Dorian Gray de Oscar Wilde. Tout le monde connait l’histoire de Dorian Gray, ce beau jeune homme qui ne veut pas vieillir et perdre sa beauté. Cette histoire de portrait qui vieillit et prend à la place de Dorian, les marques de méchancetés, rides et rudesses. J’aime le style de Oscar Wilde, comme tout le monde, je pense. J’aime l’époque victorienne et les actrices qu’on répudie parce qu’elles sont mauvaises. Et même si il est méchant à la fin, j’aime les dandys. C’est tout.

7. Mathilda de Roald Dahl. Bah évidemment ! Mathilda, cette adorable petite dévoreuse de livres, personnage auquel je m’identifiais énormément étant petite. Sauf que mes parents me nourrissaient et que j’étais nulle en maths. J’ai lu (et relu) beaucoup de Roald Dahl cette année, comme pour les précédents auteurs cités dans cet article, j’aime son style, ses petites nouvelles pour adultes comme ses contes pour enfants. Il a une imagination débordante que je lui envie un peu.

8. Le liseur de Bernard Schlink. J’ai vu le film avant de lire le livre, comme d’habitude en fait. Kate Winslet mérite vraiment son Oscar d’ailleurs. L’histoire d’amour entre ce jeune homme et cette femme d’âge mûr analphabète (et trop fière pour le dire) fait partie intégrante du film. Ce qu’on oublie d’aborder dedans, c’est le poids de la culpabilité de la génération allemande de l’après-guerre, qui souhaite se construire en se dédouanant des erreurs de leurs parents et grands-parents. Quelque chose à laquelle, en particulier la française que je suis, n’avait jamais pensé. C’est même un roman qu’on pourrait faire lire en cours d’histoire d’ailleurs.

La vie devant soi

9. La dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils. Quand je pense à ce livre, je ne vois que le cadavre aux boucles brunes, peau verdâtre et rongée. Tellement de détails sur le corps décharné de Marguerite Gautier. J’ai peut-être lu ce livre trop jeune, c’est même certain. Cette scène m’a énormément marqué, car c’était la première fois que j’avais des références claires sur les cadavres (Et j’étais passionnée par les cadavres, de égyptologue spécialisée dans les autopsies de momie à médecin légiste puis photographe judiciaire, j’ai fini par me faire une raison) ce qui assouvissait ma soif de connaissance à l’époque. Alors voilà, ça ne parle pas du tout de la tragique histoire d’amour ni des camélias fanés, mais ça marche quand même non ?

10. Les quatre filles du Docteur March de Louisa May Alcott. En fait, ce livre n’a pas tellement changé ma vie, mais vu l’état de la couverture je l’ai beaucoup lu. Et sachant que c’est un livre qu’on m’a offert une seconde fois, car j’avais trop lu l’autre et que je l’avais abimé tout autant. Pourtant je l’ai relu il y a quelques années et c’était sympathique sans être vraiment passionnant. Et là …  Bam ! Coup de vieux. 

Et vous alors ? Quels sont vos livres préférés ? Ou qui vous ont changé la vie ?

2 commentaires sur “Une histoire de livres

  1. Haha, alors, d’un côté je suis super d’accord, et de l’autre pas du tout !

    Commençons par le commencement. Les anecdotes entre moi et la lecture ne manquent pas d’après mes proches. J’ai commencé à marcher dans une librairie pour attraper des livres. Un jour, ma mère nous avait assis tous les 3 pour « un quart d’heure de lecture ». Une fois le quart d’heure péniblement fini pour mes frères et soeurs, ils sont venus me voir « Mais pourquoi tu continue de lire, on est plus obligé ? »

    Bref, maintenant que c’est dit, passons à cette liste :
    – Les malheurs de Sophie : oui, évidemment <3
    – La difficulté d’être : je n'en ai jamais lu, mais tu me donne envie d'essayer !
    – Harry Potter : évidemment… Mais alors lequel serait mon préféré ? Il faudrait que je me refasse un marathon… Quand j'étais encore étudiante, j'avais pu passer 7 jours d'affilée à les relire entièrement. Ce genre de choses n'arrive plus maintenant…
    – La vie devant soi : c'est là, qu'entre nous, ça ne va plus du tout. Je n'ai rien dit quand en début d'article, tu as dit ne pas avoir aimé Candide. C'était MA découverte grâce à l'école. Le seul livre que j'ai encore plus apprécié après l'avoir étudié. Et là, tu viens me dire que tu as aimé ce livre là, le livre que j'ai le plus peiné à lire au monde. Moi, qui lisait tous les jours un ou deux heures, j'ai cru ne jamais arriver à le finir. C'est probablement la seule fois ou j'ai eu une mauvaise note à un "contrôle de lecture". J'en fais encore des cauchemars !
    – Mathilda : ouf, c'est bon, on peut repartir sur des bonnes bases <3 

    Bon, peut-être que je ferais un article sur mon blog sur le sujet un de ces jours !

    1. Les mamans parfois elles ont de bonnes idées ! J’ai jamais eu le temps de lire les Harry Potter en 7 jours, là je peine en 3 semaines, mais j’y arrive !

      Pour La vie devant soi, figure toi que j’ai du être la seule à aimer le lire dans ma classe, je comprends que le style dérange. As tu essayé d’autre livres de lui ? J’adore Pseudo aussi ! Quant à Candide, je l’ai étudié TROIS FOIS en 7 ans ! C’est trop surtout que je pense avoir fait un blocage en 5eme … Mais heureusement que d’autre apprécie le lire !

      J’ai hâte de lire ton article alors 🙂

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