Boyfriends, and Other Realities of Adolescence

Je ne suis pas une féministe très engagée. Je tiens à mon mademoiselle, j’aime quand mon mec est galant, même si c’est moi qui ouvre tous les pots de la maison. Je ne supporte pas qu’un mec ne fasse pas les tâches ménagères, je veux que mon salaire soit égal à celui de mon collègue. Je suis horrifiée de voir que certaines personnes se battent pour retirer le droit à l’avortement et j’attends les manifestations pour m’enlever mon droit de vote. Je ne suis pas très impliquée, mais je sais hausser le ton quant on me considère comme une plante ou pire encore, comme de la viande.

Vous l’avez certainement remarqué, mais les corps nus des femmes sont tout de même très présents au cinéma, en gros plan même. Alors oui, c’est beau et bla bla bla, mais j’aimerai voir un peu plus de pénis, histoire que les quotas soient respectés. Ça ne me dérange pas de voir des corps nus quand cela est justifié dans le scénario, quand cela a une valeur historique. Mon premier souvenir de cette « exploitation » inutile est dans cette saga de l’été de TF1 Dolmen (oui mon exemple est naze) où Ingrid Chauvin sort de sa douche à oilpé et où le cadrage est fait pendant quelques secondes sur ses seins. Puis plus rien. Juste cette scène de douche. Rien. Pas de mort entre temps, pas de cadavre dans la baignoire ou de Bruno-sexy-Madignier surprenant sa coéquipière. Rien. Juste cette scène, certainement incluse dans le montage final par pitié envers le mari de la ménagère. Pourquoi ? Je pose la question et le reste de l’article n’aura presque pas de rapport, mais c’est mon blog, donc j’écris ce que je veux.

Voilà, j’ai tenu à écrire cet article, car ce mois-ci j’ai vu deux films qui m’ont, relativement, choqué.

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Le premier, un teen-movie américain The to do list, raconte l’histoire d’une adolescente, première de la classe, très intelligente qui est vierge. Le second, A coup sur, est un film français racontant l’histoire d’une journaliste, première de la classe, très intelligente, qui est « nulle » au lit et souhaite donc devenir le meilleur coup de Paris. Les deux jeunes femmes vont donc multiplier les relations sexuelles, à risques qui plus est, pour devenir parfaite au pieu. OK.

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Dans le premier, l’héroïne dresse une to do list donc, pour pratiquer tous les préliminaires possibles et inimaginables avant de passer à la pénétration avec le beau surfeur. Ca va de masturbation au cinéma, à fellation sans préservatif, cunnilingus avec un quasi-inconnu et j’en passe. Évidemment elle n’atteindra pas l’orgasme avec le bel éphèbe et pire encore le terrorisera. Dans ce film, l’héroïne parle de ses expériences, certes avec ses amies, mais également avec sa sœur et ses parents.

Dans le second film, l’héroïne fait des schémas à partir de positions sexuelles, s’y entraine dans son salon, et couche (sans mention de préservatif) avec le stagiaire pour améliorer ses performances sexuelles. Stagiaire qui, à son tour, fera des schémas pour rassurer la journaliste sur ses capacités. Dans ce film, elle parle également de ses expériences avec une copine et … son grand frère. Copine call-girl d’ailleurs, qui peint un tableau tout à fait idyllique de ce métier. J’étais à deux doigts (ah ah, si c’est drôle) de changer de métier. Elle va, également, voir un sexologue qui lui propose une opération pour son vagin (j’ai oublié l’intitulé exact je cherchais un M&Ms tombés au fond de mon sac) et pose des questions à un acteur porno pensant certainement que ça allait l’aider dans son quotidien.

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Moi, Angélique, 24 ans, plutôt à l’aise avec les questions de sexe (même si je refusais toujours d’en parler avec mes parents, c’est trop dégueu’) j’ai terminé la vision de ces deux films avec beaucoup de colère. J’ai vu le second au cinéma, au milieu de familles (avec des petits, que tu aurais mieux fait d’emmener voir le dernier Disney au prix ou ça coute une sortie familiale au cinéma) et je me suis sentie gênée. Gênée pour les préadolescentes et adolescentes présentes dans la salle. Gênée pour ces jeunes filles qui se mettent une pression incroyable pour être parfaites lors de leur première fois. Ces jeunes filles qui vont se mettre une pression supplémentaire pour passer à l’acte le plus prématurément possible. Ces jeunes filles qui pensent que l’amour c’est des cris et des vagins épilés et de la PERFORMANCE ! LA PERFORMANCE ! C’est visiblement tout ce qui occupe les héroïnes précitées. Et c’est horrifiant.

Sachez, également, que ces deux films ont été écrits et réalisés par des femmes. Bravo les meufs, c’est cool de votre part.

Peut être que je manque de second degré, peut être que je n’ai pas compris l’éventuelle morale qui ressort de ces films. Peut-être.
Mais j’aimerais expliquer aux jeunes filles d’aujourd’hui, ainsi qu’aux jeunes hommes qui eux aussi souffrent de ça, que le sexe ce n’est pas comme dans les films. Le sexe, ça comporte des ratés, parfois c’est nul, parfois c’est grandiose. Y’a des chutes, des pannes. Parfois on a pas envie aussi et c’est bien. Bref, que le sexe et, j’ose le dire, que l’amour c’est tout, sauf de la performance. Et que c’est tout sauf comme dans les films.

Je connais mal les teen-movies, je l’avoue, je ne saurai lesquels conseiller qui aborde le thème du sexe avec plus de retenu et de « conseils ».

lolita
Mais voilà, je suis pas contente. Je vais noyer ma colère devant Mean Girls.

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